L’Enfant prodige de la peinture comorienne

L’Alliance Française de Moroni, vient de baisser le rideau sur l’exposition de peinture du jeune artiste connu sous le pseudonyme de Nislam, qui s’est tenue du 19 AU 31 Janvier 2017 sur leur cimaise. Élevé de la classe de terminal et originaire de la ville d’Itsandzéni Hamahamet, ville qui lui a certainement donné le goût à une inspiration d’images domestiques enjolivées. Ce Poète en herbe, et artiste de talent, est à sa première exposition artistique consacrée à la peinture, et imprégné d’une iconographie à la fois sentimentale et révolté, dans l’univers dérisoire de la vie quotidienne. Nislam nom de plume de notre artiste prodigue, trempe aussi sa plume dans d’autres aspects artistiques, puisqu’il s’exerce à l’art de la calligraphie arabe et manie ses pinceaux dans les graffitis.
Hale nahadis raconte le conflit de générations
(Entre la tradition et l’évolution de notre culture)nislam-artiste-peintre198_ph-mab-elhad-2

une relecture parfois interrogatrice, tantôt ironique de la mythologie comorienne

C’est que cet autodidacte a pris goût aux arts, depuis l’âge de dix ans, en observant des talents à l’instar de Hamouhamou artiste de renommé résidant en France. (Connu sous le nom de Hakim) et en appréciant le travail soigné d’un certain Soilah qui lui ont donné goût à la peinture, et influencé l’envie de Nislam à embrasser des ambitions d’artiste plasticien. A l’âge ou les garçons jouent au billes et à cache – cache, lui joues déjà aux pinceaux et s’essayait au dessin et à force de travail et de remise en question perpétuelle, il finit par se forger son style à lui, encouragé par son entourage à développer ce talent précoce
Optant pour la technique de la peinture à l’eau, Nislam, use aussi du collage de photographie, en ajustant des photos ou en superposant des coupures de presse qu’il monte sur certains de ses toiles et complète la plus part de ses tableaux dans des cadres rectangulaires dont les dimensions varient entre 1mètre de large sur 1,24 à 4,5 mètres de long,avant de peindre l’ensemble. Ce qui rend d’autant plus vivant ses œuvres, et suscitant une relecture parfois interrogatrice, tantôt ironique de la mythologie; dans une géométrie horizontale, avec un graphisme privilégiant les lignes à la place des points. Ses couleurs préférés sont le bleu marine et le gris qui prédominent sur l’ensemble de son œuvre.

la tradition comorienne magnifiée par sa peinture

La composition de Nislam est orientée vers l’art visuel et c’est sous le thème de ‘’Hale na hadisi’’ (humblement contes et histoires) qu’il nous mène dans un monde féerique, faite de soleil couchant sur la vie au village et de la concentration de la nuit avec tout ce qu’elle a de mystères, entre ombres et lumières, mais aussi des fumées de fétichisme. C’est au travers de ces sensations que ce jeune peintre continu de nous offrir les secrets d’un conteur inspiré par ailleurs, par la tradition comorienne magnifiée par sa peinture,avec des couleurs qui révèlent parfois un surréalisme à la comorienne, composé de paysages et des portraits. En effet,ce sont des tableaux haut en couleurs qui font ressortir des thèmes tels que la tristesse, le regret,le développement, l’environnement, le milieu social. Certaines images sont inspirées d’une histoire vraie et sentimentale, d’autre de ses poèmes. C’est le cas de ‘’l’ Amour obscure’’ qui illustre le dilemme entre la beauté physique et la beauté morale, ou encore le ‘’Regret ne vient qu’après ‘’ qui montre une étoile de la danse classique dont le cœur saigne, blessé par une branche d’arbre. Notre artiste nous interpelle par ailleurs par rapport à l’abandon de notre culture traditionnelle et nos us et coutumes qui foutent le camp, en faveur d’un modernisme sauvage qui gomme petit à petit notre mentalité culturel à cause de ‘’ l’imitation sans limite’’ qui porte d’ailleurs le nom du tableau. L’artiste se sert de la peinture pour dénoncer une certaine négligence qui ne dit pas son nom et qui contribue au détriment de l’identité culturelle comorienne.
Ainsi donc Nislam se constitue comme le témoin oculaire malgré son jeune âge, et révolté d’une certaine évolution des mentalités, délaissant nos coutumes.
Si son travail n’est pas encore bien affirmé comme on put le constater certains visiteurs, n’empêche que, Nislam est sans aucun doute, l’exemple type du jeune artiste talentueux à la recherche de sa voie, entre peinture,graffitis et calligraphies, ce qui en soit laisse déceler les prémices d’un jeune prodigue de la peinture comorienne au vue des œuvres qu’il a consacré à cette première exposition sur les cimaises de l’Alliance française.
MAB Elhad

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